Blog

vaccin et allergies alimentaires

Vaccins et allergies alimentaires: piqûre de rappel

Alors que les premiers pays commencent à lancer la campagne de vaccination contre le COVID-19, des risques ont été signalés pour les personnes ayant des allergies sévères avec le vaccin de Pfizer et BioNTech. L’occasion de faire le point sur les risques que peuvent représenter les vaccins pour les personnes allergiques.

 

 

C’est en 1881 que Louis Pasteur a, pour la première fois, énoncé le principe de la vaccination. Le principe consiste à inoculer un virus afaibli au patient. Celui-ci aura donc des symptômes peu risqués de la maladie, mais son corps produira des anticorps qui le préservera des futurs mises en contact avec le virus.

En 1885, Pasteur met en place le premier vaccin de l’histoire, permettant de lutter contre la rage, grâce à l’injection d’une souche inactivée de l’agent contagieux.

 

Schéma explicatif du fonctionnement d'un vaccin

Les allergènes contenus dans les vaccins

Afin de créer les vaccins, des composants sont utilisés, aussi bien pour contenir le virus afaibli que pour permettre leur acceptation par le corps humain. Ces éléments peuvent parfois être des sources d’allergies, et leur inoculation peuvent être à l’origine de réactions allergiques, allant même jusqu’à provoquer des chocs anaphylactiques. Voici la liste des allergènes présents dans les principaux vaccins actuels :

 

tableau des allergènes contenus dans les différents vaccins

source : https://www.revmed.ch/RMS/2009/RMS-191/Allergies-et-vaccins-distinguer-le-vrai-du-faux

 

 

 

Voici également les taux d’anaphylaxies constatées après administration de ces vaccins :

 

taux d'anaphilaxie provoquée par les vaccins

source : https://www.revmed.ch/RMS/2009/RMS-191/Allergies-et-vaccins-distinguer-le-vrai-du-faux

 

La principale réaction allergique aux vaccins est due à la présence de protéines d’œuf dans la composition du vaccin. Une personne ayant une allergie aux œufs doit donc impérativement prévenir son médecin avant de se faire vacciner. Cependant, les taux de protéines d’œuf contenus dans les vaccins sont très faibles. Les réactions allergiques sont assez rares, et ont l’avantage d’être immédiates selon l’AAIQ (Association des Allergologues et Immunologues du Quebec). Une surveillance d’un médecin durant la vaccination est donc une sécurité pour éviter toute réaction à risque. Dans les cas les plus graves d’allergie aux oeufs, la vaccination reste possible, mais nécessitera une administration en plusieurs fois, avec des doses plus faibles, sous surveillance médicale.

A noter : les personnes allergiques au latex doivent également faire l’objet d’une surveillance particulière car l’administration du vaccin nécessite le port de gants par le médecin. De plus, certains récipients contenant les vaccins sont composés de latex.

Le cas particulier du vaccin contre le COVID-19 de Pfizer et BioNTech

C’est évidemment l’arrivée sur le marché du vaccin contre la Covid-19 de Pfizer et BionTech qui remet au premier plan la question des réactions allergiques.

 

En effet, lors des premières phases d’administration de ce vaccin en Grande Bretagne, deux personnes ont développé une forte réaction allergique. Ces personnes, étant sujettes à des allergies sévères, étaient en possession d’injecteurs d’Anapen qui ont permis de contrôler l’anaphylaxie déclenchée.

Dès lors, le Gouvernement britannique, par l’intermédiaire de son agence de régulation du médicament, a transmis la recommandation de ne pas vacciner les personnes ayant des antécédents d’anaphylaxie dues à un vaccin, mais aussi à des médicaments ou a des aliments.

 

Le Canada, qui lance sa campagne de vaccination cette semaine, recommande aux personnes ayant une allergie sévère nécessitant de posséder un auto-injecteur d’adrénaline de ne pas se faire vacciner.

Quid des vaccins à venir d’autres laboratoires

La réflexion actuelle porte sur la possibilité de faire vacciner les personnes allergiques ultérieurement, dans un cadre médical strict. En effet, les réactions allergiques constatées avec le vaccin Pfizer et BioNTech étant immédiate, l’administration de celui-ci sous la supervision d’un médecin, et avec un accès si besoin à des doses d’épinéphrine et à un service de réanimation, pourraient éviter des conséquences dramatiques.

Mais l’espoir de traitement pour les personnes ayant des allergies sévères pourrait aussi venir d’autres vaccins en cours de développement.

Le 8 décembre dernier, The Lancet publiait des résultats d’efficacité du vaccin développé par le laboratoire Astrazeneca. Avec un taux estimé de 70% d’efficacité, ce vaccin offrait l’avantage de ne comporter, à ce niveau de l’étude, aucun effet secondaire. Etant actuellement en phase 2, sa diffusion est cependant moins importante que le traitement de Pfizer et BioNTech.

L’institut Pasteur, quant à lui, travaille sur le développement d’un vaccin basé sur celui existant du BCG. Si son développement est plus long, il aura lui l’avantage de se baser sur un vaccin connu et ayant un recul important sur les effets secondaires indésirables qu’il pourrait provoquer.

 

Soyez assurés que sous peu, les personnes ayant des allergies sévères, pourront être vaccinées contre le COVID-19, même si, à ce jour, il est impossible de dire avec quel vaccin !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *